Je propose... tu disposes


C'est sûr, dans la vie, communiquer, c'est ce qu'il y a de mieux. Mais je l'avoue, je vois assez bien comment ne pas dire les choses me rend maître du Monde. Mouhahaha: calfeutrée bien au chaud (quoi que parfois c'est plutôt humide et froid, mais passons) dans une caverne dont je connais par cœur les contours pour les avoir graffés dans tous les sens, je peux me plaindre à loisir de ce que l'Autre me fait vivre. Je fais les questions et les réponses dans un dialogue intérieur sans fin sur lequel je règne en victime.

Ben oui quoi... On ne sait jamais comment l'autre va réagir. Et ne pas savoir nous permet d'imaginer toutes sortes de scènes issues de nos films d'horreur intérieurs. Ça donne pas envie, on est d'accord. Ou alors on ne sait pas comment dire, quels mots employer, las que nous sommes de tomber dans le reproche, l'accusation, le conflit... C'est plus innocent, plus mignon, c'est la version Boucle d'Or, celle qui gomme les difficultés comme le disait ma chère grand-mère, mais le résultat est le même : on ne prend pas le risque de donner à l'Autre la chance de s'exprimer. Ainsi la réalité reste nôtre, certes, mais on se prive aussi de voir évoluer les choses. De grandir en somme. De grandir ensemble.

On n'y coupe pas, l'heure d'apprendre finit par sonner... Sinon la Vie, sous la forme des Autres, dans sa grande générosité, nous offre toujours plus d'occasions de le faire : chieurs, envahisseurs, tyrans (il y en a pour tous les goûts, hommes, femmes, enfants) peuplent notre Royaume jusqu'à ce qu'on apprenne à communiquer, non pas pour imposer ou déverser, mais pour ouvrir. Apprendre à proposer.

Et si le dancefloor était un lieu où explorer l'art de la proposition? Une impulsion, un geste, une texture, un personnage. Je prends le risque d'explorer, d'exprimer ce qui me semble nécessaire, et aussi de me tromper. Et je te laisse libre de ta réponse, de ton geste, de t'approcher, de t'éloigner, de me suivre, me contredire. Du coup je retrouve ma liberté, et toi la tienne. En relation. Et nous créons une réalité où chacun a sa place.

Alors, on danse?


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Martine Gastineau

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