Plaisir coupable


Je dois avouer une sorte de plaisir coupable pour les définitions. Je passe une bonne partie de mon temps à essayer de définir tous azimuts. Certaines définitions, celles du dictionnaire par exemple, sont rassurantes, enveloppantes. Elles sont comme un abri contre l'incertitude.

D'autres sont plus dangereuses.

La définition de moi-même par exemple: je suis ci ou ça, pas ceci, pas cela... Des états d'âme aux émotions, du niveau d'énergie à la maladie, ou encore ce que je fais de ma vie, mon taux de succès ou d'échec dans toutes sortes de domaines, plus ou moins professionnels, relationnels: tous les prétextes sont bons pour me définir.

Je ne m'arrête pas là : une fois la définition savamment construite, j'y entre, m'y love, et y suis bien. Au début. Mais petit à petit, sans même que je ne m'en aperçoive, je me mets à m’y sentir à l'étroit. Mon abri se transforme en cage.

Je fais alors mon possible pour m'y conformer, comme après avoir acheté très cher des chaussures trop petites (au passage, j'accuse la vendeuse de chaussures qui m'a bien eue avec son argumentaire à la noix!). Et je finis par me demander pourquoi j'ai mal.

Et si la danse était cet art du mouvement qui refuse de nous définir, qui réinvente sans cesse les contours de notre corps, de notre être, de notre peau, de notre vie? Qui les étire, les déplace, les allonge, les rapetisse? Cet art de sillonner pieds nus les chemins du mystère? De prendre ce mystère dans nos bras sans chercher à comprendre ce qu'il nous susurre à l'oreille?

Alors, on danse?


Crédits photographiques :

Matthieu Nopsirorg, Tom Sanslaville,

Martine Gastineau

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