Révélation


La clé, c'est de s'accepter tel qu'on est: un certain réseau social, que par décence je ne nommerai pas ici, est devenu un recueil de phrases tronquées, arrachées de leur contexte. On pourrait en faire un nouveau genre littéraire : la phrase orpheline, ou l'orphelinage. Pauvre petite phrase seule et abandonnée, son contexte est devenu un coucher de soleil et son auteur doit se retourner dans sa tombe car, avant qu'une telle phrase soit vraie, elle ne l'est pas, mais qui parmi nous va lire le texte complet?

Résultat, on reste avec cette moitié de vérité en tête. Aïe.

Cette semi-vérité là me fait peur parce qu'elle pourrait facilement signifier: "Change rien gars (ou meuf, parité oblige), t'es parfait comme t'es". Ce qui est vrai, en partie, mais fige la personne et équivaut à définir la complexité d'un être humain avec une simple photo de lui, parfois même grimaçante (horreur!) : qui aurait l'idée de faire une chose pareille?

Nous sommes effectivement des êtres de lumière et toutes nos jolies photos en disent long, hein, n'allez pas me faire dire ce que je ne dis pas. Mais nous sommes aussi des êtres vivants vêtus de dynamiques relationnelles complexes qui engendrent des comportements bizarres, des pensées dévastatrices, des émotions passagères plus ou moins coriaces. Alors pourquoi ne pas plus précisément accepter qu'il existe un décalage entre le noyau pur de la planète unique que nous sommes et tous les comportements satellites qui gravitent autour de nous? La partie de nous en lutte contre ce réel serait ainsi soulagée de ses efforts. Elle pourrait alors profiter de l'énergie économisée pour cultiver des ressources lui permettant d'être plus présent, plus relationnel, plus créatif, plus conscient... et pourquoi, pas plus heureux. Dans ces conditions je trouverais dommage de ne rien changer!

C'est un des principes du mouvement Open Floor : le mouvement émergeant naturellement de nous est un point de départ précieux. Nous l'accueillons tel qu'il est, car forcer épuiserait notre énergie. Et une fois cette première étape franchie, et notre être soulagé, nous cultivons des ressources de mouvement qui nous permettent de créer une réalité autre que celle du connu. Une sorte de nouvelle réalité. Non pas pour se changer. Mais pour se révéler.

Alors, on danse?


Crédits photographiques :

Matthieu Nopsirorg, Tom Sanslaville,

Martine Gastineau

Vous aimez la Danse Inspirée?

Faites le savoir ici ou là :

garancem@msn.com  /  06 63 36 49 95 

  • Facebook Classic