La pleine conscience oui, mais mardi.


Je l'ai encore fait. Je m’étais juré que c'était fini, mais je l'ai encore fait. C'est plus fort que moi. Je commence à penser et très vite, je rêvasse, je divague, et puis quatre stations trop tard, je réalise qu'il fallait descendre. Dans le meilleur des cas, je me jette la tête la première pour garder les portes du métro ouvertes avec les dents pendant que mes bras et mes jambes se débattent avec les lianes de la jungle des jambes de mes voisins qui retiennent mes quatre sacs remplis d'enclumes. Mais la plupart du temps, il est déjà trop tard...

Avec ma pote Asha, on pourrait faire des allers retours toute la journée sur la ligne 4 sans jamais descendre à la bonne station. Bon, en même temps l'autre jour, on en avait tellement marre de louper notre station, qu'on s'est concentré à mort sur notre objectif : DESCENDRE A LA BONNE STATION. Et ben ça nous a demandé un effort de dingue, et notre conversation était vachement moins funky.

Alors je me demande : c'est quoi la pleine conscience? Ca peut pas être rester scotché sur la ligne violette pour ne pas louper sa station, c'est pas possible... Et puis moi j'aime bien rêvasser... c'est quand je rêvasse que j'ai des idées, des flashs, des aventures, des rêves quoi...

J'ai une idée : et si la pleine conscience c'était plutôt une sorte de truc qui va et vient, comme, je sais pas moi, le génie de la lampe d'Aladin...! Tu frottes tu frottes tu frottes, tu briques, tu fais briller, et pouf, il apparaît ! Et alors là tu peux lui demander n'importe quoi, hein, tout ce que tu veux, il est ok... Là t'es connecté, t'es à fond. Et puis au bout d'un moment, ben il retourne dans sa lampe, normal, sinon ce serait pas drôle. Et toi t'es comme un con, à louper tes stations sans savoir pourquoi jusqu'au moment où tu te rappelles qu'il faut se remettre à frotter.

Et si notre corps était une sorte de lampe d'Aladin, et danser une manière de frotter la lampe? Plus on danserait, plus on serait présent au corps, à soi, aux autres, à l'espace, à ce qui se passe, jusqu'à l'instant, même furtif, où tout serait présent jusqu'aux tréfonds de l'univers : le moment de grâce?

Alors bon, à défaut d'être dans la pleine conscience, je commence par pratiquer la conscience, celle où tu t'appliques, celle où tu cherches, celle où tu tâtonnes, où tu frottes, où tu danses... Parce que c'est en forgeant...

Alors, on danse?


Crédits photographiques :

Matthieu Nopsirorg, Tom Sanslaville,

Martine Gastineau

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