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Une autre héroïne

Aujourd'hui je voudrais vous parler de la claque que j'ai pris vendredi dernier. Il ne s'agit pas que de danse, mais il y a de la danse. Il s'agit de présence, de mime, de mise en scène, de jeu d'actrice, d'écriture, mais surtout de courage, de ténacité... de rage de vivre, de talent... et je crois qu'ici les mots vont me manquer, pour une fois.

 

Parce qu'une des choses les plus difficiles, face, ou après l'horreur vécue, est le fait de raconter. On va parfois jusqu'à croire, et on n'a souvent pas le choix, qu'il est plus facile d'oublier. Alors que rien n'est oublié. Tout est là quelque part. Bien au chaud, près à surgir dans les interstices.

 

Alors on raconte, mécaniquement, et les mots perdent leur saveur dans notre bouche. Quand ils ne perdent pas leur réalité, pour peu qu'ils en aient un jour été à la hauteur. Et la tentation de cesser de dire est grande.

 

Raconter sans trahir, sans tromper, non pas son auditoire, mais soi même et le trésor bien caché de la blessure, sur laquelle ajouter l'acide de l'incompréhension ne serait tout simplement pas tenable, est un défi incommensurable. C'est pourquoi Andrea Bescond, qui joue sa pièce Les chatouilles au Théâtre de l'Atelier, a gravi les marches du temple de mes héroïnes. Car les mots ne sont jamais à la hauteur, ils ne donnent jamais assez de ce que ça a été, ils nous laissent seules et parfois encore plus éloignées de cette humanité que l'on souhaiterait accueillante et guérissante, compréhensive. Andréa y a ajouté la danse. Et sa danse nous traverse de part en part. Nous foudroie d'une implacable vérité.

 

Lorsque les mots nous font défaut, dire l'indicible, c'est danser.

La danse nous donne à voir cette implacable vérité.

Le mot qui me vient après avoir vu Andréa sur scène est : magistrale.

 

Il reste des places je crois, et c'est jusqu'au 1er Juin. La salle était comble et tout le monde s'est levé à la fin. La salle doit rester comble. Je vous mâche le travail : https://www.theatre-atelier.com/event/les-chatouilles-andrea-bescond-2024/

 

Alors, on danse ?

Que j'aime la danse.

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