L'insoutenable légèreté de l'être

La vie est dure. Elle irait même jusqu'à être injuste. J'entends parfois qu'il y a un sens à tout. Je l'ai tellement entendu que j'ai failli y croire. Et j'ai passé du temps, beaucoup de temps, à chercher, démêler, faire du sens, avec tout.

J'ai bossé dans tous les coins, passé au peigne fin tous les recoins de mon être pour m'assurer d'être bien propre, pour que les choses se passent comme je le souhaite, et soient moins dures à encaisser. Et la plupart du temps, ça marche, ce qui donne un chouette sentiment de puissance. Toute puissance ? Va savoir...

C'est sûr, j'ai avancé, évolué, heureusement. Je m'en sors comme on dit. De quoi je ne sais pas, mais je m'en sors. Et pourtant, il arrive, encore, parfois, que je tombe de désespoir devant l'ampleur du travail qui reste à accomplir.

Car alors, même si j'étais exactement ce que je souhaite être, ce qui est loin d'être le cas, même si j'obtenais absolument tout ce que je veux, et même ce que je souhaite à mes proches, ça n'empêcherait pas l'injustice de continuer à être. De l'autre côté des frontières, de l'autre côté des continents, de l'autre côté du trottoir, derrière le mur, ou dans ma propre vie.

Vous cherchiez la garantie ? Elle n'est ni fournie à la naissance, ni dans aucune thérapie quelle quelle soit. Ni dans aucune politique. Prendre la garantie, en matière d'existence, c'est surement seulement la garantie de tomber sur un gourou.

On finirait par l'oublier à force de vouloir mettre du sens partout. Dans une volonté d'évolution, d'ouverture, de chemin vers la lumière. Mais à force de chercher du sens, ne finit-on pas par en un créer un qui est absurde, juste pour ne pas laisser l'insupportable être ? Absurde et parfois bien plus sombre que le réel lui-même ?

Et si c'était ça la fameuse insoutenable légèreté de l'être ? Certaines choses ne s'expliquent pas, et c'est peut être plus dur encore à accepter pour nous les humains, que n'importe quelle explication, si dure soit-elle. Dans le désespoir on serait prêt à encaisser n'importe quelle explication pour ne pas avoir à faire face à ce qui n'en a juste et tout simplement pas. L'injustice.

Et la danse dans tout ça Garance ? Me direz-vous, me prenant pour la nana qui trouve toujours du sens dans la danse... A quoi ça sert, si on ne peut plus compter sur elle pour faire du sens ?

Et si la danse servait à accepter le non sens, l'injuste, l'incompréhensible, le chaos ?

A lâcher toute quête.

A simplement sentir comme c'est bon d'être plein de vie.

Et à laisser toute la place au seul plaisir d'être.

Alors, on danse ?

Garance.

(en ligne, et en stages : les infos ci dessous...)


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