Ne me console pas s'il te plaît


Tu me trouves surprise de ta venue,

Comme à chaque fois que tu débarques,

Car toutes celles où tu me quittes,

Je crois ne jamais te revoir.

J'aimerais pouvoir t'appeler vieille amie,

Mais te traite encore en étrangère.

Tu n'es pas rancunière,

Mais j'ai honte de ma manière

De te recevoir.

Vois-tu je n'ai pas confiance en toi :

Comme si tu étais grossière,

Allais me voler quelque chose,

Ou ne savais pas l'heure de partir.

Alors c'est moi qui le suis.

Je ne t'ouvre pas la porte.

Je te laisse mariner, telle la mégère

Qui se cache derrière ses voilages,

Pour voir qui est là, sans être vue,

Et ne laisse aucune chance

A ceux qu'elle ne connaît pas.

Pourtant je te connais.

Mais vas savoir pourquoi,

Ne te reconnais jamais.

Je vais t'accueillir comme il se doit,

Te prendre dans mes bras,

Te servir un thé chaud et doré.

T'offrir une place enveloppante.

Te passer une musique

Sur laquelle je fredonnerai,

Et qui dira bienvenue

Sans que j'aie à le prononcer.

Bonjour tristesse,

M'accorderez-vous cette danse?

Alors, on danse?


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