La confiance nécessaire à l'audace


Rien de tel qu'un bon vieux western de 1952. La captive aux yeux clairs: un bateau remonte le fleuve Missouri sur 3000 km à une époque où jamais personne n'est allé si loin en territoire indien. Les hommes rament, poussent avec des bâtons, hissent une voile quand le vent est favorable. Parfois certains doivent descendre sur la rive pour tirer le bateau. Mais voilà, il arrive que le courant soit si puissant que les cordes cèdent. Panique à bord : tout le monde plonge, nage, hurle et court dans tous les sens, regarde le bateau dériver, impuissant, jusqu'à ce que d'une manière ou d'une autre, il s'arrête. Respiration.

Il m'arrive de croire que développer sa conscience est comme remonter le fleuve de nos pensées, de nos émotions, des choses qui nous arrivent, naviguer encore et encore jusqu'à atteindre les zones vierges de nos inconscients, les contrées inexplorées: ces endroits où notre créativité et nos imaginaires sont si fertiles et débridés qu'ils donnent naissance à des mondes merveilleux peuplés de créatures incroyables, d'histoires fantastiques, mais aussi de monstres cachés aux creux de grottes obscures...

Le monde de l'inconscient est celui de l'inconnu, du non maîtrisé, du non contrôlé, c'est pour cela qu'il est aussi fascinant que terrifiant. S'y risquer demande du courage. Mais à rester au port on manque la richesse de cette folle aventure qui nous dévoile, au fil de l'eau, à la fois qui nous sommes et ce qui nous relie les uns aux autres.

Et si nos corps étaient nos navires? La danse ce fleuve qui nous mène, petit à petit, vers des contrées de plus en plus étrangères, voire étranges, parfois hostiles, mais toujours d'une richesse en deçà de toute pensée?

Par la Danse Inspirée et le mouvement Open Floor, nous découvrons le corps à travers ce que nous nommons des points d'ancrage. Au fil de l'année, chaque partie du corps, avec ses ressources propres, est tour à tour utilisée comme point d'ancrage: un point de départ et, à mesure que nous nous éloignons du port et suivons notre propre fleuve, un point qui nous relie au rivage, au réel, à nous même et aux autres, qui nous permet d'avancer, ou de repartir, si le bateau dérive. Grâce à ces explorations précises, notre connaissance du corps, notre vaisseau, de ses capacités et ses limites, se fait de plus en plus pointue.

Ainsi nos possibilités d'exploration de la danse deviennent de plus en plus vastes, car cette connaissance nous autorise la confiance nécessaire à l'audace.

Alors, on danse?


Crédits photographiques :

Matthieu Nopsirorg, Tom Sanslaville,

Martine Gastineau

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