Des équilibres


"Chercher l'équilibre": cette expression m'a toujours quelque peu rendue perplexe... Faut pas s'attacher au résultat hein, mais quand même, si le résultat pouvait être l'équilibre, ce serait bien... Pour moi à l'intérieur ça donne à peu près ça : "Ah ça y est! J'y suis, j'ai trouvé... Oh... oh... Ah zut, j'ai lâché; ou là je vais tomber, ah non: hop, hop, hop, un, deux, trois... Ah ça y est,... et ho..., aaah tiens... c'est nouveau ça...! Aïe... Wouah..."

C'est le bordel dans mon cerveau, ça part dans tous les sens, des kilomètres de circonvolutions, des milliards d'étoiles, des chemins à n'en plus finir, du passé, du présent, du futur, les autres, le monde, l'univers: et moi toujours sur le même petit sentier tranquille à regarder mes pieds pour ne pas tomber. Surtout ne pas tomber? Ca colle pas... Mon cerveau lui, ne demande qu'une chose: divaguer. Si ça se trouve mon corps aussi...

Et si la création c'était accepter de se perdre? De perdre ses repères? De mélanger les cartes? De lâcher le sacro-saint équilibre, jusqu'à en trouver un autre, puis un autre, puis un autre... et encore un... ça prend plus ou moins de temps, parfois on s'impatiente. Parce qu'il y a urgence. Peut-on accepter cette urgence sans la laisser régner, juste en toile de fond, comme un moteur?

Et puis prendre le temps d'ouvrir ses cellules, de les déplier comme sur une table de dissection. Les rendre perméables à ce qui circule autour, dedans, partout. Partir dans tous les sens, se perdre dans le labyrinthe, y divaguer jusqu'à trouver le fil. Se perdre. Pour le plaisir de se trouver. Ailleurs. Autrement. Partir dans tous les sens et puis tailler dans la masse. Après coup. Furieusement. Sans penser.

Faut-il accepter d'être fou, au moins un instant?

Partir à l'aveugle, laisser la chose évoluer au fil du temps. Naviguer entre soi et le monde... entre soi et les autres, aller retour permanent... Se laisser surprendre. Oser effacer et reprendre. Suivre l'urgence et l'apaiser. Suivre le fil d'équilibre en équilibre. Retomber sur ses pattes. Y prendre plaisir. Et puis mettre un peu d'ordre, balayer les copeaux, pour que ce soit présentable...

Des équilibres deviennent déséquilibre... parce qu'en français, on fait la liaison.

Et si la danse était le pont du déséquilibre aux équilibres?

Alors, on danse?


Crédits photographiques :

Matthieu Nopsirorg, Tom Sanslaville,

Martine Gastineau

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