Mauvaise graine


Vous avez remarqué comme les mauvaises herbes poussent plus facilement que les bonnes ?

Les bonnes, celles qui nous donnent roses, dhalias et autres légumes goutus et juteux, nécessitent toutes sortes de soins et savoir-faire : y a qu'à voir les tutos qui fleurissent sur le net pour se faire une idée... Alors que les mauvaises n’ont besoin que d’un peu de terre nue ou d’une jardinière en friche pour prendre racine. A se demander pourquoi on les appelle mauvaises. A mon sens ce serait plutôt des herbes héroïques...

Les mauvaises herbes résistent à tout, se débrouillent avec les moyens du bord, s'accrochent où elles peuvent, s'implantent où elles trouvent ce dont elles ont besoin : pas besoin de tuto. Bon ok, elles sont parfois un peu difficiles à avaler sans un minimum de préparation et d'assaisonnement, mais ni plus ni moins qu'une bonne vieille pomme de terre... et elles sont, elles, bourrées de bonnes choses, à ras bord!

Encore plus mystérieux, une même plante peut, du jour au lendemain à l'échelle de l'histoire humaine, passer du statut de "bonne" à "mauvaise" herbe, entendez par là : herbe dont il faut à tout prix se débarrasser, herbe contre laquelle on est prêt à inventer le round-up et, pire, à s'en servir, dans le cadre respecté des génocides de jardin.

C'est dire si on a peur d'elles. C'est d'ailleurs peut-être de là que vient le qualificatif "mauvaise".

Et si on remplaçait mauvaise herbe par plante sauvage, juste pour voir...

Les plantes sauvages, c'est un peu comme, je sais pas moi, les pensées (pas les fleurs, hein, bel et bien celles qu'on a dans la tête) : on laisse la terre en friche, elles s'installent et prospèrent. Système de reproduction imparable, elles voyagent sans obstacle. Au début c'est coloré, vivifiant, ça comble les espaces vides, mais ça peut aussi vite devenir l'enfer. Certes, pas besoin de tuteurs, ni d'arrosage, mais si on veut pouvoir mettre un pied au jardin, faut quand même leur trouver une place, réguler leur croissance en les cueillant pour les soupes, tisanes, pestos... et ainsi éviter de les voir repasser à nos yeux de plante sauvage à mauvaise herbe, car c'est plus vite fait qu'on imagine. Y a qu'à s'imaginer marcher dans un jardin envahi par les orties...

Et oui, j'ai beau jeu de juger le voisin qui met du round up dans son jardin. A moi il m'arrive de mettre du round up dans ma tête, pour me débarrasser de pensées qui piquent, à la croissance incontrôlable, qui ont fini par prendre toute la place faute de leur avoir donné une place, de les avoir régulées... sans doute parce qu'elles me font peur.

Le dance-floor est cet espace où nous pouvons donner une place à nos pensées sauvages, faire du mouvement un art de cultiver leur équilibre, pour que leur énergie serve créativité et puissance de transformation.

Alors, on danse?


Crédits photographiques :

Matthieu Nopsirorg, Tom Sanslaville,

Martine Gastineau

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